Pourquoi huit heures de sommeil ne suffisent pas toujours
On confond souvent sommeil et récupération, comme si huit heures de nuit garantissaient une remise à zéro de l’organisme. Ce n’est pas toujours le cas. Il arrive de dormir une nuit complète et de se réveiller avec la même lourdeur ou la même tension que la veille.
Une explication possible, parmi d’autres, tient à l’état de fond du système nerveux. Si celui-ci reste sous tension, le sommeil remplit ses fonctions biologiques essentielles, mais le relâchement musculaire et nerveux peut rester incomplet. Il s’agit d’une hypothèse, pas d’un mécanisme que j’affirme comme établi.
La relaxation profonde est un état distinct du sommeil. C’est un relâchement vécu à l’éveil ou en semi-conscience, en dehors des cycles automatiques de la nuit. On peut le rechercher par la méditation, le travail respiratoire ou un soin comme le Reiki.
L’état intermédiaire : le relâchement éveillé
En séance, ce que l’on observe est un état de transition. Les personnes restent généralement conscientes de leur environnement, des bruits ambiants et du temps qui passe, tout en ressentant un relâchement progressif du tonus musculaire et un ralentissement des pensées qui tournent en boucle.
Beaucoup de clients s’endorment pendant une séance. C’est une réaction courante lorsque les tensions se relâchent. Pourtant, la sensation laissée par un relâchement profond vécu à l’éveil diffère souvent de celle d’une sieste : plutôt que la torpeur que l’on peut ressentir après un sommeil diurne, de nombreuses personnes décrivent une impression de clarté, de légèreté et de calme. Il s’agit d’un retour d’expérience en cabinet, pas d’un résultat de recherche.
Ce que la recherche dit de la réponse de relaxation et du système nerveux
Une précision d’abord : aucune des études citées ci-dessous n’a comparé la relaxation profonde au sommeil. Elles portent sur la réponse du système nerveux au repos éveillé et sur le stress.
Reiki et variabilité de la fréquence cardiaque (VFC). Díaz-Rodríguez et collaborateurs (2011) ont mené un essai croisé, en simple aveugle, auprès de 21 professionnels de santé en burn-out. Une séance unique de 30 minutes de Reiki a été comparée à un placebo, une séance imitée par une personne ne connaissant pas le Reiki. Après le Reiki, le SDNN, un indicateur global de la VFC, était plus élevé et la composante basse fréquence (LF) plus basse qu’après le placebo. Les auteurs interprètent ce résultat comme une influence sur le système nerveux parasympathique. D’autres mesures, dont le RMSSD et le cortisol salivaire, n’ont pas varié de façon significative.
Reiki, stress et anxiété. Zadro et Stapleton (2022) ont passé en revue 14 essais randomisés contrôlés contre placebo. Le niveau de preuve est jugé élevé pour le stress et la dépression lorsqu’ils sont cliniquement significatifs, modéré à élevé pour l’anxiété clinique, et faible pour l’anxiété dans la norme. Les auteurs soulignent que chaque domaine compte peu d’études, que la plupart présentent des réserves méthodologiques et que les conclusions restent donc non définitives.
En résumé, ces données, limitées, associent la séance de Reiki à des marqueurs de détente du système nerveux et à une baisse des symptômes de stress ou d’anxiété surtout lorsque ceux-ci sont marqués. Le Reiki ne remplace ni une nuit de sommeil ni la prise en charge médicale d’un trouble du sommeil.
Un signal de relâchement adressé à l’organisme
Offrir au corps une plage de relâchement profond en journée n’est pas un luxe superflu. C’est un moment où le système nerveux peut quitter le mode de vigilance sans attendre la nuit.
Pour laisser au système nerveux le temps d’intégrer les effets d’un soin et de retrouver son propre rythme, je conseille généralement, dans ma pratique, d’espacer les séances d’environ 21 jours.
Autres pratiques qui sollicitent la réponse de relaxation
D’autres approches ont fait l’objet d’études et peuvent compléter l’apprentissage du relâchement.
La respiration lente. La méta-analyse de Laborde et collaborateurs (2022), qui regroupe 223 études, rapporte une augmentation de la VFC liée à l’activité parasympathique pendant les exercices de respiration lente, immédiatement après une séance et après un programme de plusieurs séances. La cohérence cardiaque en fait partie.
La méditation de pleine conscience (MBSR). La méta-analyse de Khoury et collaborateurs (2015), menée auprès d’adultes en bonne santé, rapporte un effet important sur le stress, ainsi que des effets modérés sur l’anxiété, la dépression, la détresse et la qualité de vie.
Les moments en nature. Hunter, Gillespie et Chen (2019) ont suivi 36 citadins pendant huit semaines. Une expérience de nature s’accompagnait d’une baisse du cortisol salivaire au-delà de la baisse diurne habituelle, avec le meilleur rapport bénéfice/temps entre 20 et 30 minutes.
Expérimenter le relâchement profond
Si vous n’avez pas vécu d’état de relaxation profonde en dehors du sommeil depuis longtemps, il peut être difficile d’imaginer cette sensation avant de l’avoir éprouvée. Aucune préparation ni expérience préalable n’est requise : vous êtes allongé, habillé, dans un cadre calme, et le système nerveux réapprend à son rythme à relâcher la pression.
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Cédric Suming, Reiki Master-Teacher (lignée Usui Ryōhō), LaHoChi et LaHoChi 13th Octave. Centre Reiki, 58 rue d’Argout, 75002 Paris.
Sources (CR-BLOG-RELAXATION-SOMMEIL-004-SRC)
Díaz-Rodríguez L., Arroyo-Morales M., Fernández-de-las-Peñas C., García-Lafuente F., García-Royo C., Tomás-Rojas I. Immediate Effects of Reiki on Heart Rate Variability, Cortisol Levels, and Body Temperature in Health Care Professionals With Burnout. Biological Research for Nursing, 2011, 13(4):376-382. https://doi.org/10.1177/1099800410389166
Zadro S., Stapleton P. Does Reiki Benefit Mental Health Symptoms Above Placebo? Frontiers in Psychology, 12 juillet 2022, 13:897312. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9326483/
Laborde S. et al. Effects of voluntary slow breathing on heart rate and heart rate variability: a systematic review and a meta-analysis. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2022, 138:104711. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2022.104711
Khoury B., Sharma M., Rush S.E., Fournier C. Mindfulness-based stress reduction for healthy individuals: A meta-analysis. Journal of Psychosomatic Research, 2015. https://doi.org/10.1016/j.jpsychores.2015.03.009
Hunter M.R., Gillespie B.W., Chen S.Y.-P. Urban Nature Experiences Reduce Stress in the Context of Daily Life Based on Salivary Biomarkers. Frontiers in Psychology, 4 avril 2019, 10:722. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2019.00722

